Et puis le soir j'ai regardé Alice Au Pays Des Merveilles - comble du comble de la frustration, oui j'ai dû le regarder en Français, faute de trouver l'original.
C'est vrai je suis - rien qu'un peu - à la traîne. Mais après sa sortie il avait été pas mal critiqué et donc j'avais fini par me dire que je pourrai me satisfaire de la toute première version de Walt Disney pour le restant de mes jours.
Et puis en fait non, rien à faire, il fallait que je le regarde.
Ben pour tout vous dire, j'ai été SUPER AGRÉABLEMENT surprise.
Je tiens tout de même à modérer mes propos en précisant que mon avis est tout ce qu'il y a de MOINS objectif, parce qu'à la base, j'adore Tim Burton.
Ca date de l'époque de quand j'étais EMO (13 ans et demi, hahaha) et où déjà j'entrais en pâmoison rien qu'en regardant l'Étrange Noël de Monsieur Jack. Pfiou, j'avais encore rien vu.
J'ai laissé les étoiles, rayures, couleurs douteuses et musiques hardcore derrière moi, et puis j'ai gardé Tim Burton.
Je passe du rire au larme en regardant Edward Aux Mains d'Argent, je reste béate d'admiration et d'envie devant l'univers fantastique-pas-si-fantastique de Big Fish, Sweeney Todd et Sleepy Hollow me font doucement rêver avec leur atmosphère noire et pourtant teintée d'humour, si propre à ce réalisateur de génie.
BREF, mais je parlais d'Alice. Déjà pour commencer je ne connaissais pas l'intrigue du film. Je pensais qu'il s'agissait d'un simple remake, une autre des raisons pour laquelle j'avais fini par le zapper complètement.
Et bien en fait PAS DU TOUT. L'AAPDM (ben oui, ça va plus vite) de Tim Burton, c'est Alice qui revient, à l'âge de dix-neuf ans, dans le pays semi-imaginaire visité dans son enfance. C'est là qu'on retrouve ce qu'il peut y avoir de 100% Burtonnien (oulala), c'est la barrière entre le réel et l'imaginaire. Si vous vous souvenez bien, dans la version de Lewis Caroll aussi bien que dans le premier Disney, le Pays des Merveilles est un rêve d'Alice, total fruit de son imagination.
Et bien, dans ce second opus, la limite entre réalité et invention se fait de plus en plus impalpable, et ça, c'est génial. Parce que le truc du " je te balade pendant une heure et demi dans un univers fou dingue et puis en fait à la fin pof plus rien c'était un rêve je t'ai bien arnaqué hahaha " ça peut faire retomber une histoire comme un soufflé au fromage, pour certains (dont moi, je ne me remettrai jamais de l'immense sensation de frustration qui m'avait saisie alors).
Au niveau de l'univers, on passe du sombre au merveilleux, du kitsch de mauvais goût au kitsch de bon goût... là encore j'ai été bluffée.
Et comme dans le dessin animé, Alice passe de minuscule à géante puis de la taille d'une crevette et encore géante... afin d'atteindre finalement la bonne taille. Sauf que là, le coup des vêtements qui s'adaptent automatiquement à sa taille, on y croit plus ; et le réalisateur l'a bien compris.
Ici, Alice avant de basculer dans le Pays des Merveilles. Echappée de la fête donnée en l'honneur de ses fiançailles-surprises (elle est ravie, comme vous pouvez l'imaginer), elle est encore vêtue de la robe bleue propre à son personnage, candide et classique - mais pas tant que ça parce que Madame refuse de porter le corset et les bas, c'est Maman qui est contente, tiens.
Devenue toute petite pour franchir la porte du Pays, elle est censée porter son simple jupon, noué en guise de robe. J'y crois pas un instant ! cette robe est tellement magnifique que je ne refuserais pas de la porter pour mon mariage.

Et là, de la taille d'une crevette, elle porte une création du Chapelier qu'il a réalisé en un tour de main à partir d'un pan du " jupon ".
Là, devenue anormalement grande, elle porte une robe aussi large qu'Alice est haute, faites des rideaux de la reine Rouge et pourtant digne d'un défilé de haute-couture.
Où en étais-je ? Ah oui. Donc Alice, en retournant au Pays des Merveilles, y retrouve tous les personnages qui y sont propres : le lapin blanc - dont le rôle est en fait nettement moins important qu'on pourrait le croire, il faut croire que les scénaristes répugnait à donner la vedette à un personnage de synthèse - Bonnet Blanc et Blanc Bonnet, la chenille bleue (me rappelle plus son nom), le lièvre...

Helena Bonham Carter, une des chouchoutes de Tim Burton. Ici en Reine Rouge, aussi cruelle que pathétique avec sa tête démesurée et sa certitude que finalement, mieux vaut être craint qu'être aimé. La mission d'Alice ? tuer le Champion de la Reine Rouge, sorte de dragon monstrueux, afin de restituer le trône à la Reine Blanche.
Interprétée par Anne hathaway, époustouflante dans sa robe de conte de fées, et incroyablement grâcieuse : sa démarche à elle seule semble être une danse.

Et puis Johnny Depp en Chapelier complètement loufoque. Contre toute attente, ce chapelier est un des personnages clé du film. À la fois fou - " pourquoi un corbeau ressemble à un bureau ? " - et complètement lucide - " je n'en ai pas la moindre idée ", je n'imagine personne d'autre dans ce rôle. Probablement parce qu'il n'y a que lui pour parvenir à garder un certain charme malgré une tignasse et des sourcils démesurés d'un orange flamboyant...
Sur ce je m'en vais passer un après-midi en mode Marmotte (couette, bouquin et chocolat chaud).
xo, Aurore.























